Une fraude propre à l’industrie de la soie : le « piquage d’onces » dans la rubanerie stéphanoise. [Saint-Étienne (Loire)].
Contenu
Titre
Une fraude propre à l’industrie de la soie : le « piquage d’onces » dans la rubanerie stéphanoise. [Saint-Étienne (Loire)].
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
La structure longtemps décentralisée de l’industrie de la soie a favorisé l’essor d’une fraude, le « piquage d’onces », liée au conflit d’intérêts entre les travailleurs à façon, mouliniers, teinturiers, dévideuses, ourdisseuses et tisseurs, et les donneurs d’ouvrage, les fabricants, qui les exploitaient. À l’origine, le nom de « piqueur d’onces » était donné à « des espèces de marchands qui ont des boutiques dans les rues remplies de peuple et d’ouvriers ; ils achètent », par l’intermédiaire de ramasseurs, « et recèlent les soieries et dorures que les ouvriers volent à leurs maîtres et marchands, ils incitent même les ouvriers à tomber dans ces sortes de crimes, et ensuite, de toutes ces soies ramassées de toutes parts, ils font fabriquer des étoffes ». Ultérieurement, ce vocable s’est appliqué à celui qui commettait le larcin, ce qui donne un double sens au mot « piquer », « voler, enlever » et « récolter, ramasser », comme en anglais pour son équivalent "to pick up". Le mot « once » – la seizième partie de la livre lyonnaise, soit environ 30 grammes – « indique que la soie n’était prise que par petites quantités, afin d’en dissimuler le vol ».
Cette pratique fut réprimée sous l’Ancien Régime dans le cadre des règlements corporatifs, comme celui du 2 janvier 1726 qui s’appliquait à la plupart des corporations lyonnaises (fabricants d’étoffes, tissutiers et rubaniers, guimpiers et gazetiers, ouvriers en bas de soie, teinturiers). Des considérants rappelaient l’arrêt du Conseil et les lettres patentes du 1er mars et du 1er octobre 1712, qui n’avaient pu arrêter ce commerce…
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
La structure longtemps décentralisée de l’industrie de la soie a favorisé l’essor d’une fraude, le « piquage d’onces », liée au conflit d’intérêts entre les travailleurs à façon, mouliniers, teinturiers, dévideuses, ourdisseuses et tisseurs, et les donneurs d’ouvrage, les fabricants, qui les exploitaient. À l’origine, le nom de « piqueur d’onces » était donné à « des espèces de marchands qui ont des boutiques dans les rues remplies de peuple et d’ouvriers ; ils achètent », par l’intermédiaire de ramasseurs, « et recèlent les soieries et dorures que les ouvriers volent à leurs maîtres et marchands, ils incitent même les ouvriers à tomber dans ces sortes de crimes, et ensuite, de toutes ces soies ramassées de toutes parts, ils font fabriquer des étoffes ». Ultérieurement, ce vocable s’est appliqué à celui qui commettait le larcin, ce qui donne un double sens au mot « piquer », « voler, enlever » et « récolter, ramasser », comme en anglais pour son équivalent "to pick up". Le mot « once » – la seizième partie de la livre lyonnaise, soit environ 30 grammes – « indique que la soie n’était prise que par petites quantités, afin d’en dissimuler le vol ».
Cette pratique fut réprimée sous l’Ancien Régime dans le cadre des règlements corporatifs, comme celui du 2 janvier 1726 qui s’appliquait à la plupart des corporations lyonnaises (fabricants d’étoffes, tissutiers et rubaniers, guimpiers et gazetiers, ouvriers en bas de soie, teinturiers). Des considérants rappelaient l’arrêt du Conseil et les lettres patentes du 1er mars et du 1er octobre 1712, qui n’avaient pu arrêter ce commerce…
Auteur
LORCIN, Jean
Editeur
Genève, Droz, Publications d’histoire économique et sociale internationale.
Année
2007
Type
Article
Pages
P. 471-489
Mot-clé
Rubanniers - Rubans
Soieries - Industries de la soie
Fraudes
Piquage d'onces - Piqueurs d'onces
Saint-Étienne (Loire)
Villes - Villages
Forez (Loire)
XVIIIe
Soieries - Industries de la soie
Fraudes
Piquage d'onces - Piqueurs d'onces
Saint-Étienne (Loire)
Villes - Villages
Forez (Loire)
XVIIIe
URL
https://doi.org/10.3917/droz.beaur.2007.01.0471