Épinal, une place forte du système de défense Séré de Rivières pendant la Première Guerre mondiale. [Vosges].
Contenu
Titre
Épinal, une place forte du système de défense Séré de Rivières pendant la Première Guerre mondiale. [Vosges].
Résumé de l'article :
Les conditions du traité de Francfort, ratifié par le Parlement français le 18 mai 1871, privent le territoire national de deux places fortes majeures (Metz et Thionville), et exposent la frontière à une nouvelle attaque allemande. Dès 1873, l'état-major, représenté par le général Séré de Rivières, directeur du Génie, entreprend la reconstruction d'une ligne défensive à la frontière de l'Est. Achevé en 1885, le « système Séré de Rivières » comprend ainsi 150 forts, 40 ouvrages secondaires et 250 batteries d'artillerie. La place forte d'Épinal se trouve au cœur de ce dispositif militaire. Située face à la nouvelle frontière franco-allemande, elle est destinée à empêcher l'ennemi de pénétrer au cœur du territoire français. La place forte d'Épinal n'est pas qu'une zone défensive au service des plans de l'état-major. Elle doit aussi porter l'attaque, en prenant par le flanc des troupes allemandes s'étant imprudemment engouffrées dans la « Trouée de Charmes ». En 1914, Épinal passe ainsi du statut de cité administrative, chef-lieu de département, à celui d'enclave militarisée, pilier des plans de bataille de l'état-major. Les quelques 30 000 habitants d'Épinal vivent dans une société martiale, polarisée par la guerre. Nous tenterons de pénétrer dans les rouages de la place forte d'Épinal, afin d'étudier les particularités de la vie quotidienne dans une enclave où l'intérêt de la défense nationale est tout-puissant. La place d'Épinal apparaît comme un territoire stratégique, où le commandement militaire met en œuvre des compétences exorbitantes peu respectueuses des libertés publiques.
Résumé de l'article :
Les conditions du traité de Francfort, ratifié par le Parlement français le 18 mai 1871, privent le territoire national de deux places fortes majeures (Metz et Thionville), et exposent la frontière à une nouvelle attaque allemande. Dès 1873, l'état-major, représenté par le général Séré de Rivières, directeur du Génie, entreprend la reconstruction d'une ligne défensive à la frontière de l'Est. Achevé en 1885, le « système Séré de Rivières » comprend ainsi 150 forts, 40 ouvrages secondaires et 250 batteries d'artillerie. La place forte d'Épinal se trouve au cœur de ce dispositif militaire. Située face à la nouvelle frontière franco-allemande, elle est destinée à empêcher l'ennemi de pénétrer au cœur du territoire français. La place forte d'Épinal n'est pas qu'une zone défensive au service des plans de l'état-major. Elle doit aussi porter l'attaque, en prenant par le flanc des troupes allemandes s'étant imprudemment engouffrées dans la « Trouée de Charmes ». En 1914, Épinal passe ainsi du statut de cité administrative, chef-lieu de département, à celui d'enclave militarisée, pilier des plans de bataille de l'état-major. Les quelques 30 000 habitants d'Épinal vivent dans une société martiale, polarisée par la guerre. Nous tenterons de pénétrer dans les rouages de la place forte d'Épinal, afin d'étudier les particularités de la vie quotidienne dans une enclave où l'intérêt de la défense nationale est tout-puissant. La place d'Épinal apparaît comme un territoire stratégique, où le commandement militaire met en œuvre des compétences exorbitantes peu respectueuses des libertés publiques.
Auteur
PEROZ, Anne
Année
2013
Type
Article
Titre du périodique
Numéro
2013, tome 70, p. 333-351
Mot-clé
Épinal (Vosges)
Villes - Villages
Lorraine
Première guerre mondiale
Places fortes et fortifications
Fortifications Séré-de-Rivières (XIXe siècle)
Vie quotidienne
XXe
Villes - Villages
Lorraine
Première guerre mondiale
Places fortes et fortifications
Fortifications Séré-de-Rivières (XIXe siècle)
Vie quotidienne
XXe