La flétrissure dans la pratique des juridictions pénales des Bouches-du-Rhône au début du XIXe siècle.
Contenu
Titre
La flétrissure dans la pratique des juridictions pénales des Bouches-du-Rhône au début du XIXe siècle.
Présentation de l'article :
Dans le langage courant, l’expression « être marqué au fer rouge » renvoie au traumatisme durable subi par la victime d’un événement tragique.
Au contraire, dans l’univers de la justice pénale, cette expression, loin de chercher à susciter de la compassion, a longtemps fait référence à la fois à une peine et à la preuve d’une condamnation.
Avant de nous arrêter sur l’exemple choisi pour illustrer cette question, celui des Bouches-du-Rhône, il est utile d’évoquer brièvement l’usage que l’on faisait généralement dans le droit pénal français de la marque au fer rouge. Dans un monde sans photographie, sans documents fiables d’identité, sans connaissance des empreintes digitales, où la circulation de l’information est malaisée et où il est extrêmement facile d’utiliser un faux nom, l’apposition d’une marque au moyen d’un fer brûlant, ou flétrissure, laissant une trace indélébile sur la peau, apparaît, en rattachant le corps du condamné à son passé judiciaire, comme le seul moyen de vérifier si le prévenu d’une infraction a déjà auparavant été condamné par la justice pénale.
En France, jusqu’à la fin du XVIe siècle, des arrêts ordonnent que la marque soit apposée sur le front du condamné. Mais elle a ensuite été appliquée sur une partie du corps plus discrète, l’épaule, sauf exception. La forme la plus répandue de marque est celle du symbole des rois, la fleur-de-lys, mais d’autres sont aussi dignes d’intérêt. Une peine emblématique de l’Ancien Régime est la condamnation aux galères, qui ne sont plus au XVII…
Présentation de l'article :
Dans le langage courant, l’expression « être marqué au fer rouge » renvoie au traumatisme durable subi par la victime d’un événement tragique.
Au contraire, dans l’univers de la justice pénale, cette expression, loin de chercher à susciter de la compassion, a longtemps fait référence à la fois à une peine et à la preuve d’une condamnation.
Avant de nous arrêter sur l’exemple choisi pour illustrer cette question, celui des Bouches-du-Rhône, il est utile d’évoquer brièvement l’usage que l’on faisait généralement dans le droit pénal français de la marque au fer rouge. Dans un monde sans photographie, sans documents fiables d’identité, sans connaissance des empreintes digitales, où la circulation de l’information est malaisée et où il est extrêmement facile d’utiliser un faux nom, l’apposition d’une marque au moyen d’un fer brûlant, ou flétrissure, laissant une trace indélébile sur la peau, apparaît, en rattachant le corps du condamné à son passé judiciaire, comme le seul moyen de vérifier si le prévenu d’une infraction a déjà auparavant été condamné par la justice pénale.
En France, jusqu’à la fin du XVIe siècle, des arrêts ordonnent que la marque soit apposée sur le front du condamné. Mais elle a ensuite été appliquée sur une partie du corps plus discrète, l’épaule, sauf exception. La forme la plus répandue de marque est celle du symbole des rois, la fleur-de-lys, mais d’autres sont aussi dignes d’intérêt. Une peine emblématique de l’Ancien Régime est la condamnation aux galères, qui ne sont plus au XVII…
Auteur
DEGRACE, Ketty
Année
2021
Type
Article
Titre du périodique
Numéro
2021, n° 1 (Douzième et treizième cahiers), p. 327-354
Mot-clé
Bouches-du-Rhône (département)
Provence
Juridictions pénales
Flétrissure
XIXe
Provence
Juridictions pénales
Flétrissure
XIXe
URL
https://doi.org/10.3917/cphd.010.0327