Freins et encouragements : le rôle ambigu de l’état dans le commerce du sucre aux XVIIe et XVIIIe siècles.
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Titre
Freins et encouragements : le rôle ambigu de l’état dans le commerce du sucre aux XVIIe et XVIIIe siècles.
In : Anne-Sophie Fournier-Plamondon et Andrée-Anne Plourde (sous la dir. de), « Argent, commerce et échange sous l’Ancien Régime ». [194 p.]
Présentation de l'article :
« Je vous avoue que, lorsque je fis le tarif nous avions deux maux en cette affaire qui estoient considérables : l’un, que tous les sucres des isles alloient en Hollande pour y estre raffinés, et l’autre, que nous n’avions de sucres raffinés que par la Hollande, l’Angleterre et le Portugal. »
Dans sa lettre du 12 juillet 1669 à Colbert de Terron, intendant à Rochefort, Jean-Baptiste Colbert rappelle le retard du raffinage français. Alors que les premières raffineries européennes sont installées à Venise au milieu du XVe siècle, à Anvers vers 1550 et à Amsterdam en 1587, la première raffinerie française est établie à Rouen en 1613. Les industries du sucre y sont plus tardives et moins nombreuses qu’au nord de l’Europe. Amsterdam compte environ soixante-six raffineries en 1670. Hambourg prend le relais avec trois cent cinquante raffineries en 1690 grâce à son rôle d’entrepôt nordique pour la redistribution des produits coloniaux. La France fait pâle figure avec ses vingt-neuf raffineries en métropole en 1683. Colbert et ses successeurs tentent de combler le retard français, en vain. Alors que la France est la principale productrice de sucre au XVIIIe siècle grâce à St-Domingue, la « perle des Antilles », elle se comporte selon les termes de Pierrick Pourchasse en simple « périphérie » et se contente de fournir les matières premières nécessaires à l’importante industrie du raffinage des villes hanséatiques ou de la Prusse. Orléans, principal centre sucrier français (la ville produit 50 % de la production française) ne compte que vingt-quatre raffineries à la fin du siècle ; c’est bien peu comparé aux quatre-vingts sociétés londoniennes et aux quatre cents raffineries d’Hambour…
In : Anne-Sophie Fournier-Plamondon et Andrée-Anne Plourde (sous la dir. de), « Argent, commerce et échange sous l’Ancien Régime ». [194 p.]
Présentation de l'article :
« Je vous avoue que, lorsque je fis le tarif nous avions deux maux en cette affaire qui estoient considérables : l’un, que tous les sucres des isles alloient en Hollande pour y estre raffinés, et l’autre, que nous n’avions de sucres raffinés que par la Hollande, l’Angleterre et le Portugal. »
Dans sa lettre du 12 juillet 1669 à Colbert de Terron, intendant à Rochefort, Jean-Baptiste Colbert rappelle le retard du raffinage français. Alors que les premières raffineries européennes sont installées à Venise au milieu du XVe siècle, à Anvers vers 1550 et à Amsterdam en 1587, la première raffinerie française est établie à Rouen en 1613. Les industries du sucre y sont plus tardives et moins nombreuses qu’au nord de l’Europe. Amsterdam compte environ soixante-six raffineries en 1670. Hambourg prend le relais avec trois cent cinquante raffineries en 1690 grâce à son rôle d’entrepôt nordique pour la redistribution des produits coloniaux. La France fait pâle figure avec ses vingt-neuf raffineries en métropole en 1683. Colbert et ses successeurs tentent de combler le retard français, en vain. Alors que la France est la principale productrice de sucre au XVIIIe siècle grâce à St-Domingue, la « perle des Antilles », elle se comporte selon les termes de Pierrick Pourchasse en simple « périphérie » et se contente de fournir les matières premières nécessaires à l’importante industrie du raffinage des villes hanséatiques ou de la Prusse. Orléans, principal centre sucrier français (la ville produit 50 % de la production française) ne compte que vingt-quatre raffineries à la fin du siècle ; c’est bien peu comparé aux quatre-vingts sociétés londoniennes et aux quatre cents raffineries d’Hambour…
Auteur
VILLERET, Maud
Editeur
Paris, Hermann (Collection "La république des Lettres").
Année
2016
Type
Article
Pages
P. 49-67
Mot-clé
Industrie du sucre
Commerce du sucre
XVIIe, XVIIIe
Commerce du sucre
XVIIe, XVIIIe
URL
https://doi.org/10.3917/herm.fourn.2016.01.0049