Calvin et le prêt à intérêt : quelle rupture avec la scolastique ?
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Titre
Calvin et le prêt à intérêt : quelle rupture avec la scolastique ?
Résumé de l'article :
Si, dans les faits, le prêt à intérêt est petit à petit entré dans les mœurs par des brèches dans le dispositif de prohibition hérité du Moyen Âge (p. ex. les rentes non foncières), sur le plan moral, le prêt à intérêt doit sa légitimation à son voisinage avec les formes de profit admises par les scolastiques. Calvin à joué un rôle crucial à cet égard, en ne faisant plus de différence, sur le plan moral, entre le prêt à intérêt et le contrat de société. Alors que, chez Thomas d'Aquin, la frontière entre le gain légitime et le gain illégitime passe entre le contrat de société et le contrat de prêt à intérêt, chez Calvin, cette frontière passe entre le prêt de production et le prêt de consommation. Ce qui fait la différence, pour Thomas d'Aquin, c'est le type de contrat : société ou prêt à intérêt ; pour Calvin, c'est le but du prêt : production ou simple consommation. Depuis Calvin, la condamnation du prêt à intérêt (au motif que le prêt à intérêt répartit inéquitablement les profits et les risques) est discréditée, aux yeux des personnes de bon sens, par l'amalgame avec une prétendue condamnation générale du profit (de type pré-marxiste). Après bientôt un demi-millénaire, ne serait-il pas temps de mettre fin à ce malentendu ?
Résumé de l'article :
Si, dans les faits, le prêt à intérêt est petit à petit entré dans les mœurs par des brèches dans le dispositif de prohibition hérité du Moyen Âge (p. ex. les rentes non foncières), sur le plan moral, le prêt à intérêt doit sa légitimation à son voisinage avec les formes de profit admises par les scolastiques. Calvin à joué un rôle crucial à cet égard, en ne faisant plus de différence, sur le plan moral, entre le prêt à intérêt et le contrat de société. Alors que, chez Thomas d'Aquin, la frontière entre le gain légitime et le gain illégitime passe entre le contrat de société et le contrat de prêt à intérêt, chez Calvin, cette frontière passe entre le prêt de production et le prêt de consommation. Ce qui fait la différence, pour Thomas d'Aquin, c'est le type de contrat : société ou prêt à intérêt ; pour Calvin, c'est le but du prêt : production ou simple consommation. Depuis Calvin, la condamnation du prêt à intérêt (au motif que le prêt à intérêt répartit inéquitablement les profits et les risques) est discréditée, aux yeux des personnes de bon sens, par l'amalgame avec une prétendue condamnation générale du profit (de type pré-marxiste). Après bientôt un demi-millénaire, ne serait-il pas temps de mettre fin à ce malentendu ?
Auteur
RAMELET, Denis
Année
2013
Type
Article
Titre du périodique
Numéro
2013, tome 70, p. 157-166
Mot-clé
Jean Calvin (1509-1564)
Prêt à intérêt
Scolastique
Histoire des idées économiques
Protestants - Protestantisme - Réforme
Calvinisme
Calvinisme - Calvinistes
Prêt à intérêt
Scolastique
Histoire des idées économiques
Protestants - Protestantisme - Réforme
Calvinisme
Calvinisme - Calvinistes