Beaumarchais, polémique judiciaire et théâtre. [Thèse].
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Titre
Beaumarchais, polémique judiciaire et théâtre. [Thèse].
Thèse de doctorat, Littérature française, Sorbonne université (2024).
Résumé de la thèse :
« Orateur selon le danger », Beaumarchais le fut dans les cinq procès où il eut à se défendre. Les mémoires judiciaires qu'il publia, dans ce but, empruntent à la fois à l'art du dramaturge, du polémiste et du plaideur. Son éloquence fait signe vers le théâtre par l'emploi de formes dramatiques, comme le dialogue ou le tableau, et par l'élaboration de personnages créés à partir de personnalités des parties adverses. Inversement, les factums furent un terrain d'exercices de style et constituent, à ce titre, un arrière-plan de l'œuvre littéraire. Ils éclairent, chez lui, une obsession du droit, qui se manifesta, au théâtre, par des allusions à l'actualité judiciaire, plébiscitées par le public, par des motifs juridiques reconnaissables et conformes aux procédures du temps, et par une mise en scène de la justice, que le dramaturge enrichissait de son expérience personnelle. Le goût de Beaumarchais pour la polémique est l'autre lien entre le théâtre et les mémoires judiciaires. Nous replaçons ces derniers dans la mêlée des mémoires versés par les adversaires au sac de la procédure, et des libelles qui étaient diffusés en marge des procès, auxquels le dramaturge répondait par de nouveaux mémoires, par des chansons, mais aussi dans ses pièces et dans ses préfaces, en plaçant son art de la riposte sous le double patronage de Pascal et de Voltaire. Beaumarchais, en son temps, contribua à mettre le factum à la mode dans un public élargi et à renouveler le genre, en pratiquant l'art de la pointe avec une sorte d'excès, et en mélangeant le raisonnement en droit, le discours satirique, les formes du récit de soi et le théâtre. Ses plaidoiries littéraires, remarquées par ses contemporains, contribuèrent à brouiller les frontières avec d'autres écrits polémiques, comme le libelle. Enfin, les mémoires judiciaires de Beaumarchais le rattachent à un mouvement de renouvellement de l'éloquence, qui traverse le XVIIIe siècle, d'Henri-François d'Aguesseau à Jean-Étienne-Marie Portalis, et qui était notamment réclamé par des avocats aspirant à une plus grande transparence de la justice, à une éloquence moins érudite et plus accessible, et à davantage de liberté d'expression, comme Joseph Michel Antoine Servan, Jean-Baptiste Mercier Dupaty, Simon-Nicola-Henri Linguet ou Jacques-Vincent Delacroix, et par des personnalités comme Voltaire et Mirabeau. Dans ce contexte, l'éloquence singulière de l'« écrivain judiciaire » fut considérée comme un modèle
Thèse de doctorat, Littérature française, Sorbonne université (2024).
Résumé de la thèse :
« Orateur selon le danger », Beaumarchais le fut dans les cinq procès où il eut à se défendre. Les mémoires judiciaires qu'il publia, dans ce but, empruntent à la fois à l'art du dramaturge, du polémiste et du plaideur. Son éloquence fait signe vers le théâtre par l'emploi de formes dramatiques, comme le dialogue ou le tableau, et par l'élaboration de personnages créés à partir de personnalités des parties adverses. Inversement, les factums furent un terrain d'exercices de style et constituent, à ce titre, un arrière-plan de l'œuvre littéraire. Ils éclairent, chez lui, une obsession du droit, qui se manifesta, au théâtre, par des allusions à l'actualité judiciaire, plébiscitées par le public, par des motifs juridiques reconnaissables et conformes aux procédures du temps, et par une mise en scène de la justice, que le dramaturge enrichissait de son expérience personnelle. Le goût de Beaumarchais pour la polémique est l'autre lien entre le théâtre et les mémoires judiciaires. Nous replaçons ces derniers dans la mêlée des mémoires versés par les adversaires au sac de la procédure, et des libelles qui étaient diffusés en marge des procès, auxquels le dramaturge répondait par de nouveaux mémoires, par des chansons, mais aussi dans ses pièces et dans ses préfaces, en plaçant son art de la riposte sous le double patronage de Pascal et de Voltaire. Beaumarchais, en son temps, contribua à mettre le factum à la mode dans un public élargi et à renouveler le genre, en pratiquant l'art de la pointe avec une sorte d'excès, et en mélangeant le raisonnement en droit, le discours satirique, les formes du récit de soi et le théâtre. Ses plaidoiries littéraires, remarquées par ses contemporains, contribuèrent à brouiller les frontières avec d'autres écrits polémiques, comme le libelle. Enfin, les mémoires judiciaires de Beaumarchais le rattachent à un mouvement de renouvellement de l'éloquence, qui traverse le XVIIIe siècle, d'Henri-François d'Aguesseau à Jean-Étienne-Marie Portalis, et qui était notamment réclamé par des avocats aspirant à une plus grande transparence de la justice, à une éloquence moins érudite et plus accessible, et à davantage de liberté d'expression, comme Joseph Michel Antoine Servan, Jean-Baptiste Mercier Dupaty, Simon-Nicola-Henri Linguet ou Jacques-Vincent Delacroix, et par des personnalités comme Voltaire et Mirabeau. Dans ce contexte, l'éloquence singulière de l'« écrivain judiciaire » fut considérée comme un modèle
Auteur
FRANTZ, Pierre
Année
2024
Type
Thèse
Mot-clé
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799)
Polémiques - Polémistes
Procès (XVIIIe siècle)
Factums
Théâtres
XVIIIe
Polémiques - Polémistes
Procès (XVIIIe siècle)
Factums
Théâtres
XVIIIe
URL
DOI : 10.70675/f490d148z375bz433azad59zf92d5f49e460