Guildes, monopoles et oligopoles dans la Normandie de la fin du Moyen Âge : la réglementation des métiers est-elle hostile à la concurrence ?
Contenu
Titre
Guildes, monopoles et oligopoles dans la Normandie de la fin du Moyen Âge : la réglementation des métiers est-elle hostile à la concurrence ?
Résumé de l'article :
Les métiers de la France médiévales ne peuvent pas tous être analysés comme des "guilds" dans le sens retenu par l’historiographie européenne récente (S. R. Epstein, O. G. Oexle, etc.) : les métiers dits « réglés » restent les plus répandus jusqu’à la fin du Moyen Âge. Or ces institutions se manifestent principalement par les normes négociées entre certains agents économiques et les autorités publiques, et non par leurs pratiques communautaires visant à la domination d’une branche d’activité. Les vestiges de cette réglementation pour la Normandie montrent que la concession à un groupe d’un monopole sur le marché d’un produit était exceptionnelle. En revanche, les textes prévoient souvent des barrières à l’entrée sur le marché, qui peuvent déboucher sur des oligopoles. Les cas des "regratiers" et des tanneurs illustrent la nécessité d’une étude précise des clauses juridiques mises en place : une apparente fermeture peut cacher de multiples adaptations de la régulation aux configurations des marchés. Les normes de métier sont interprétées comme des outils offerts aux artisans et aux autorités publiques, mais rarement utilisés pour éliminer la concurrence.
Résumé de l'article :
Les métiers de la France médiévales ne peuvent pas tous être analysés comme des "guilds" dans le sens retenu par l’historiographie européenne récente (S. R. Epstein, O. G. Oexle, etc.) : les métiers dits « réglés » restent les plus répandus jusqu’à la fin du Moyen Âge. Or ces institutions se manifestent principalement par les normes négociées entre certains agents économiques et les autorités publiques, et non par leurs pratiques communautaires visant à la domination d’une branche d’activité. Les vestiges de cette réglementation pour la Normandie montrent que la concession à un groupe d’un monopole sur le marché d’un produit était exceptionnelle. En revanche, les textes prévoient souvent des barrières à l’entrée sur le marché, qui peuvent déboucher sur des oligopoles. Les cas des "regratiers" et des tanneurs illustrent la nécessité d’une étude précise des clauses juridiques mises en place : une apparente fermeture peut cacher de multiples adaptations de la régulation aux configurations des marchés. Les normes de métier sont interprétées comme des outils offerts aux artisans et aux autorités publiques, mais rarement utilisés pour éliminer la concurrence.
Auteur
RIVIÈRE, François
Année
2008
Type
Article
Titre du périodique
Numéro
2008, fascicule 3, n° 52, p. 36-45
Mot-clé
Normandie
Guildes
Monopoles
Oligopoles
Police des métiers
Concurrence
Regrattiers - Regrat
Commerce de détail
Tanneurs
XIVe, XVe
Guildes
Monopoles
Oligopoles
Police des métiers
Concurrence
Regrattiers - Regrat
Commerce de détail
Tanneurs
XIVe, XVe
URL
https://doi.org/10.3917/eh.052.0036