Le rôle de la fraude dans l’enrichissement des réseaux de migrants montagnards à l’époque moderne.
Contenu
Titre
Le rôle de la fraude dans l’enrichissement des réseaux de migrants montagnards à l’époque moderne.
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
« Les mouchards font la guerre aux colporteurs, espèce d’hommes qui font trafic des seuls bons livres qu’on puisse encore lire en France, et conséquemment prohibés. On les maltraite horriblement ; tous les limiers de la police poursuivent ces malheureux qui ignorent ce qu’ils vendent et qui cacheraient la Bible sous leur manteau si le lieutenant de police s’avisait de défendre la Bible. » Le concept de fraude est complexe tout comme sont diverses les réalités qu’il recouvre. Le mot a un fort pouvoir émotionnel même s’il recouvre un éventail de dommages variés. L’aborder du double point de vue de ceux qui sont lésés et de la nature des dommages montre la largeur de son spectre et fait entrer dans la diversité des acteurs et des attentes. À la question de savoir qui est lésé, les réponses peuvent mettre en scène l’État, des groupes sociaux, des groupes professionnels, voire des individus. À celle qui questionne la nature du dommage, on peut trouver des attentes économiques, avec la perte de marchés ou le manque à gagner pour les caisses de l’État, des attentes culturelles, avec la mise à disposition de produits censurés, ou même des mises en danger de la santé. Ce double point de vue montre que la fraude est, d’un côté, un produit des politiques visant à réserver des marchés à certaines catégories sociales et, de l’autre, qu’elle peut entraîner la mort des victimes qu’elle touche. C’est cette potentialité qui confère au mot sa charge émotionnelle et qui en dramatise les emplois plus anodins…
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
« Les mouchards font la guerre aux colporteurs, espèce d’hommes qui font trafic des seuls bons livres qu’on puisse encore lire en France, et conséquemment prohibés. On les maltraite horriblement ; tous les limiers de la police poursuivent ces malheureux qui ignorent ce qu’ils vendent et qui cacheraient la Bible sous leur manteau si le lieutenant de police s’avisait de défendre la Bible. » Le concept de fraude est complexe tout comme sont diverses les réalités qu’il recouvre. Le mot a un fort pouvoir émotionnel même s’il recouvre un éventail de dommages variés. L’aborder du double point de vue de ceux qui sont lésés et de la nature des dommages montre la largeur de son spectre et fait entrer dans la diversité des acteurs et des attentes. À la question de savoir qui est lésé, les réponses peuvent mettre en scène l’État, des groupes sociaux, des groupes professionnels, voire des individus. À celle qui questionne la nature du dommage, on peut trouver des attentes économiques, avec la perte de marchés ou le manque à gagner pour les caisses de l’État, des attentes culturelles, avec la mise à disposition de produits censurés, ou même des mises en danger de la santé. Ce double point de vue montre que la fraude est, d’un côté, un produit des politiques visant à réserver des marchés à certaines catégories sociales et, de l’autre, qu’elle peut entraîner la mort des victimes qu’elle touche. C’est cette potentialité qui confère au mot sa charge émotionnelle et qui en dramatise les emplois plus anodins…
Auteur
FONTAINE, Laurence
Editeur
Genève, Droz, Publications d’histoire économique et sociale internationale.
Année
2007
Type
Article
Pages
P. 125-143
Mot-clé
Colporteurs - Colportage
Fraudes commerciales
XVIe, XVIIe, XVIIIe
Fraudes commerciales
XVIe, XVIIe, XVIIIe
URL
https://doi.org/10.3917/droz.beaur.2007.01.0125