Le “droit de vengeance” chez les historiens du droit au Moyen Âge (XIXe-XXe siècles).
Contenu
Titre
Le “droit de vengeance” chez les historiens du droit au Moyen Âge (XIXe-XXe siècles).
In : « La vengeance, 400-1200 ». , 2006.
Résumé de l'article :
La réflexion sur la place de la vengeance dans le droit médiéval part en France comme en Allemagne d’une critique du livre de Karl August Rogge, <i>Über das Gerichtswesen der Germanen</i> (Halle, 1820). Rogge montrait que l’exercice de la vengeance était un droit imprescriptible que nul ne pouvait contester à un libre Germain. Il n’existait pas, en tant que tel, d’ordre juridique germanique garantissant la paix et la justice. Ces dernières ne pouvaient reposer que sur le haut degré de morale sociale qui distinguait le caractère des Germains et qui permettait à la communauté, en cas de rupture du lien social, de ramener la paix en faisant accepter par les parties la procédure judiciaire qu’était la voie de composition. François Guizot critique le système de Rogge en montrant que l’exercice du droit de vengeance ne conduit qu’au chaos ou à l’exercice du droit du plus fort sur lequel est fondé le système féodal. Ensuite seulement, grâce à l’action de la royauté, il sera possible d’instaurer un ordre juridique digne de ce nom. L’historiographie française restera largement fidèle à ces conceptions jusqu’en plein XXe siècle. La réflexion développée par les historiens allemands part d’une réfutation très différente des thèses de Karl August Rogge. En posant comme principe que tout individu qui tuait celui qui avait accompli un crime ne faisait pas que se venger lui-même ou venger ses parents, mais tuait un criminel que son geste même avait placé légalement en état de « Friedlosigkeit », ils estimaient avoir trouvé le fondement essentiel sur lequel s’était construit tout le droit pénal. C’est sur cette théorie, dont les prémisses étaient radicalement fausses, que s’est fondée une véritable histoire du droit germanique et médiéval en Allemagne.
In : « La vengeance, 400-1200 ». , 2006.
Résumé de l'article :
La réflexion sur la place de la vengeance dans le droit médiéval part en France comme en Allemagne d’une critique du livre de Karl August Rogge, <i>Über das Gerichtswesen der Germanen</i> (Halle, 1820). Rogge montrait que l’exercice de la vengeance était un droit imprescriptible que nul ne pouvait contester à un libre Germain. Il n’existait pas, en tant que tel, d’ordre juridique germanique garantissant la paix et la justice. Ces dernières ne pouvaient reposer que sur le haut degré de morale sociale qui distinguait le caractère des Germains et qui permettait à la communauté, en cas de rupture du lien social, de ramener la paix en faisant accepter par les parties la procédure judiciaire qu’était la voie de composition. François Guizot critique le système de Rogge en montrant que l’exercice du droit de vengeance ne conduit qu’au chaos ou à l’exercice du droit du plus fort sur lequel est fondé le système féodal. Ensuite seulement, grâce à l’action de la royauté, il sera possible d’instaurer un ordre juridique digne de ce nom. L’historiographie française restera largement fidèle à ces conceptions jusqu’en plein XXe siècle. La réflexion développée par les historiens allemands part d’une réfutation très différente des thèses de Karl August Rogge. En posant comme principe que tout individu qui tuait celui qui avait accompli un crime ne faisait pas que se venger lui-même ou venger ses parents, mais tuait un criminel que son geste même avait placé légalement en état de « Friedlosigkeit », ils estimaient avoir trouvé le fondement essentiel sur lequel s’était construit tout le droit pénal. C’est sur cette théorie, dont les prémisses étaient radicalement fausses, que s’est fondée une véritable histoire du droit germanique et médiéval en Allemagne.
Auteur
MOEGLIN, Jean-Marie
Editeur
Rome, École française de Rome (Publications de l'École française de Rome, 357)
Année
2006
Type
Article
Pages
P. 101-148
Mot-clé
Histoire du droit et des institutions
Historiens du droit
Droit de vengeance
Vengeance - Faide
Historiens du droit
Droit de vengeance
Vengeance - Faide
URL
www.persee.fr/doc/efr_0223-5099_2006_act_357_1_8567