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Édition et commentaire de trente et un testaments de femmes enregistrés au Parlement de Paris (1394-1420). [Thèse].

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Titre

Édition et commentaire de trente et un testaments de femmes enregistrés au Parlement de Paris (1394-1420). [Thèse].
[Thèse de l'École des chartes, 2006].
Introduction de la thèse :
Faire son testament est une étape essentielle de la vie chrétienne de la fin du Moyen Âge ; plus qu’essentiel, cet acte est indispensable puisqu’il permet de mettre en ordre ses affaires, tant morales que matérielles. Dans une société qu’imprègnent l’omniprésence psychologique de la mort, dans les mentalités comme dans les représentations, et la question lancinante du salut, dans une société bouleversée par les troubles politiques et marquée par l’élaboration théologique du Purgatoire, mourir intestat est non seulement une erreur matérielle mais surtout un grave péché. Il est alors non seulement impossible pour l’intestat d’organiser la gestion de ses affaires après sa mort, mais il lui est aussi impossible de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires au salut de son âme et au rachat de ses péchés. La motivation de l’action testamentaire peut donc se définir autant en négatif qu’en positif. Le bon chrétien rédige son testament pour ne pas mourir intestat, tout autant qu’il cherche, par de bonnes et saintes dispositions testamentaires, à faire activement son salut. Or, la période est celle de l’élaboration du Purgatoire. Dans cette perspective nouvelle, la pratique testamentaire sert deux buts complémentaires, mais distincts : échapper à l’Enfer et réduire, autant que faire se peut, le séjour de son âme au Purgatoire. C’est pourquoi chacun se prépare le plus tôt possible à son passage dans l’au-delà au moyen d’un acte juridique qui permet d’avoir la conscience tranquille à tout point de vue, le testament.
Le registre X1A 9807 des Archives nationales présente un ensemble cohérent de testaments enregistrés au début du XVe siècle au Parlement de Paris. Dans ce registre de deux cent trente-six testaments, il convenait de choisir un corpus plus restreint qui soit compatible avec le temps imparti pour cette étude. Or un groupe apparaît d’emblée comme passionnant et, qui plus est, le testament est l’une des sources uniques pour son histoire : il s’agit des femmes.
En effet, trente et un testaments du registre se trouvent être des testaments de femmes, ce qui ne manque pas d’être surprenant au premier abord, puisque l’enregistrement des testaments au Parlement était généralement une pratique des parlementaires. Or l’aspect sériel de la forme testamentaire en fait une témoignage privilégié pour l’histoire des femmes, trop souvent oubliées dans les sources traditionnelles ou présentées par un discours essentiellement masculin. De plus, la présence simultanée de testaments d’hommes et de femmes permet d’envisager une étude ultérieure du gender. Enfin, ces testaments offrent la possibilité unique de reconstituer des réseaux de parenté et d’alliance de la bourgeoisie parisienne et du milieu parlementaire du début du XVe siècle, leurs rapports entre eux et avec d’autres groupes, et leur attitude face à la mort. Par conséquent, cette étude, qui s’appuie sur l’édition des trente et un testaments concernés, est bâtie sur trois axes principaux : l’étude de la parenté et des réseaux de solidarité, celle du statut social des individus concernés à travers les biens qu’ils font circuler, et enfin celle de leur attitude face à la mort dans le cadre plus précis de l’organisation des funérailles.

Auteur

CHAIGNE, Marion

Editeur

Paris

Année

2006

Type

Thèse

Pages

P. 81-87

Mot-clé

Parlement de Paris
Archives du Parlement de Paris
Testaments de femmes
Condition de la femme
XIVe, XVe

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