Les banques et la fraude : un risque permanent (1850-1950).
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Titre
Les banques et la fraude : un risque permanent (1850-1950).
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
L’histoire bancaire est riche en aventures qui alimentent une « histoire à scandales », car elle est jalonnée de krachs, de ruines d’actionnaires et de déposants, de chutes d’entreprises perdant le soutien de leur prêteur. L’image des banquiers est mauvaise, puisqu’ils sont identifiés à des « escrocs » dans nombre de romans – et ce dès le milieu du XIXe siècle (Saccard chez Zola, Nucingen chez Balzac, etc.). Notre propos ne vise pas à une réhabilitation morale de la profession ; mais nous souhaitons montrer que, pour la période des années 1850-1950, celles de la deuxième révolution bancaire contemporaine, les banques ont moins été des fraudeuses que des victimes de la fraude, puis que leurs « déviances » par rapport aux codes de la moralité financière entraient dans les mœurs courantes des places d’argent de l’époque. Une (ambitieuse) reconstitution systématique étant impossible, notre analyse empirique se contentera de déterminer comment, dans trois domaines, des éléments de « fraude » peuvent apparaître : la fraude en interne due aux pesanteurs qui freinent la structuration des banques en organisations de firme ; les troubles provoqués par une mauvaise appréciation des risques causés par des clients eux-mêmes fraudeurs ; enfin, les comportements bancaires que, de façon anachronique, l’on pourrait juger contraires à une éthique de place.
Il faut en tout cas bien distinguer le comportement de « spéculation », qui caractérise des prises de risque parfois téméraires, qui marque l’histoire de toute communauté capitaliste sur chacune des places bancaires et financières – donc avec le risque de krach, de ruine des porteurs de titres – et qui implique les banques en tant qu’intermédiaires, du comportement de « fraude » lui-même, qui exprime le franchissement d’une ligne (morale et comptable) délicate à dessiner…
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
L’histoire bancaire est riche en aventures qui alimentent une « histoire à scandales », car elle est jalonnée de krachs, de ruines d’actionnaires et de déposants, de chutes d’entreprises perdant le soutien de leur prêteur. L’image des banquiers est mauvaise, puisqu’ils sont identifiés à des « escrocs » dans nombre de romans – et ce dès le milieu du XIXe siècle (Saccard chez Zola, Nucingen chez Balzac, etc.). Notre propos ne vise pas à une réhabilitation morale de la profession ; mais nous souhaitons montrer que, pour la période des années 1850-1950, celles de la deuxième révolution bancaire contemporaine, les banques ont moins été des fraudeuses que des victimes de la fraude, puis que leurs « déviances » par rapport aux codes de la moralité financière entraient dans les mœurs courantes des places d’argent de l’époque. Une (ambitieuse) reconstitution systématique étant impossible, notre analyse empirique se contentera de déterminer comment, dans trois domaines, des éléments de « fraude » peuvent apparaître : la fraude en interne due aux pesanteurs qui freinent la structuration des banques en organisations de firme ; les troubles provoqués par une mauvaise appréciation des risques causés par des clients eux-mêmes fraudeurs ; enfin, les comportements bancaires que, de façon anachronique, l’on pourrait juger contraires à une éthique de place.
Il faut en tout cas bien distinguer le comportement de « spéculation », qui caractérise des prises de risque parfois téméraires, qui marque l’histoire de toute communauté capitaliste sur chacune des places bancaires et financières – donc avec le risque de krach, de ruine des porteurs de titres – et qui implique les banques en tant qu’intermédiaires, du comportement de « fraude » lui-même, qui exprime le franchissement d’une ligne (morale et comptable) délicate à dessiner…
Auteur
BONIN, Hubert
Editeur
Genève, Droz, Publications d’histoire économique et sociale internationale
Année
2007
Type
Article
Pages
P. 345-362
Mot-clé
Banques - Banquiers
Fraudes
XIXe, XXe
Fraudes
XIXe, XXe
URL
https://doi.org/10.3917/droz.beaur.2007.01.0345