La contrebande entre la France et les Îles britanniques au XVIIIe siècle.
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Titre
La contrebande entre la France et les Îles britanniques au XVIIIe siècle.
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
Selon Ferdinand Lot, le régime des rois mérovingiens était « un despotisme tempéré par l’assassinat ». On peut transposer cette formule pour définir le système commercial du XVIIIe siècle comme une « prohibition tempérée par la contrebande », et cette formule est particulièrement adéquate pour ce qui est des relations entre les deux grandes puissances commerciales du temps – la France et la Grande-Bretagne. Ces relations étaient, en effet, conditionnées par une réglementation prohibitionniste, héritée du temps de Louis XIV, qui équivalait à une guerre économique et les hostilités récurrentes de la Seconde Guerre de Cent ans contribuaient, en outre, à restreindre le commerce.
Au départ, on trouve les droits protectionnistes sur les draps anglais, que Colbert imposa, et surtout une vague de francophobie, liée à la haine du papisme, qui sévit en Angleterre dans les années 1670. Sur la base de statistiques falsifiées, on affirma que le commerce franco-anglais présentait un énorme déficit au détriment de l’Angleterre (idée qui pénétra pour longtemps dans les esprits), et que ce commerce, en enrichissant la France, la rendait plus dangereuse sur les plans militaire et naval. En 1678, le Parlement interdit l’importation de la plupart des marchandises françaises, interdiction qui, malgré quelques périodes de suspension, fut renouvelée en 1689 et en 1705. Ces interdits ne durèrent pas, mais ils furent remplacés par des droits de douane permanents très élevés sur beaucoup d’articles français, avec une prohibition pure et simple pour certains autres…
In : Gérard Beau, Hubert Bonin, Claire Lemercier (sous la dir. de). « Fraude, contrefaçon et contrebande, de l’Antiquité à nos jours ». actes du colloque de Bercy de l’Association Française des Historiens Économistes et du Comité pour l’Histoire Économique et Financière de la France, 3-6 novembre 2004. [832 p.].
Présentation de l'article :
Selon Ferdinand Lot, le régime des rois mérovingiens était « un despotisme tempéré par l’assassinat ». On peut transposer cette formule pour définir le système commercial du XVIIIe siècle comme une « prohibition tempérée par la contrebande », et cette formule est particulièrement adéquate pour ce qui est des relations entre les deux grandes puissances commerciales du temps – la France et la Grande-Bretagne. Ces relations étaient, en effet, conditionnées par une réglementation prohibitionniste, héritée du temps de Louis XIV, qui équivalait à une guerre économique et les hostilités récurrentes de la Seconde Guerre de Cent ans contribuaient, en outre, à restreindre le commerce.
Au départ, on trouve les droits protectionnistes sur les draps anglais, que Colbert imposa, et surtout une vague de francophobie, liée à la haine du papisme, qui sévit en Angleterre dans les années 1670. Sur la base de statistiques falsifiées, on affirma que le commerce franco-anglais présentait un énorme déficit au détriment de l’Angleterre (idée qui pénétra pour longtemps dans les esprits), et que ce commerce, en enrichissant la France, la rendait plus dangereuse sur les plans militaire et naval. En 1678, le Parlement interdit l’importation de la plupart des marchandises françaises, interdiction qui, malgré quelques périodes de suspension, fut renouvelée en 1689 et en 1705. Ces interdits ne durèrent pas, mais ils furent remplacés par des droits de douane permanents très élevés sur beaucoup d’articles français, avec une prohibition pure et simple pour certains autres…
Auteur
CROUZET, François
Editeur
Genève, Droz, Publications d’histoire économique et sociale internationale.
Année
2007
Type
Article
Pages
P. 35-59
Mot-clé
Contrebande - Contrebandiers
Angleterre - Grande Bretagne
Protectionnisme
XVIIIe
Angleterre - Grande Bretagne
Protectionnisme
XVIIIe
URL
https://doi.org/10.3917/droz.beaur.2007.01.0035